La France a droit à des élections présidentielles honnêtes

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Alors que le risque d’un potentiel piratage n’a pas été complètement abandonné lors de ce scrutin, les résultats du premier tour des élections présidentielles en France semblent ne pas avoir été touché. Un duel Macron – Le Pen est attendu pour le prochain tour.

À l’abri d’un piratage informatique ? Oui

Les autorités françaises se sont mobilisées afin d’assurer l’intégrité du scrutin ce dimanche 23 avril. En veille permanente pour tous dysfonctionnement lors du processus électoral, les autorités, ainsi que les partis politiques, ont été sensibilisés aux dangers existants.

Aucune attaque directe sur les élections a été subie lors de ce scrutin. En effet, la présidentielle en France s’est basée sur le vote par bulletins papier. Le décompte a été également effectué à la main. Pas de vote électronique, pas de risque de piratage… direct, en tout cas.

Alors, une vraie question s’est posée lors de ce scrutin en ce qui concerne la gestion des listes électorales sur ordinateur. Comme peu d’ordinateurs peuvent être considérés comme étant réellement infaillibles, cet aspect aurait pu ouvrir les élections au danger des logiciels malveillants.

Nous ne pouvons pas dire avec sureté si ce sont les appels à la prudence qui ont poussé les administrations locales à plus de vigilance. Tout ce que nous savons est qu’aucun incident a été enregistré. C’est un coup de chance ou un bon exemple pour démontrer que la sensibilisation à la cybersécurité n’est pas en vain.

Nous attendons le prochain tour, mais avec inquiétude

Nous pouvons exclure les menaces directes de piratage du fait que le système de vote en France évite le croisement avec les technologies vulnérables.

Cependant, le gouvernement confirme ses inquiétudes concernant un danger plus discret mais tout aussi destructeur : la manipulation de l’opinion des électeurs par la désinformation en ligne. L’incident visant les démocrates pendant la présidentielle américaine vient de suite à l’esprit (lire ici notre article sur comment un simple vol d’emails a eu un impact irréversible sur les résultats des élections aux États-Unis).

Directeur de l’ANSSI, Guillaume Poupard, a évoqué cette même idée en décembre dernier : il y a un nouveau type de cybercriminels, ceux visant à propager « des attaques numériques pour faire de la politique ».

En vue de la polémique crée autours des élections américaines, les experts en sécurité informatique invitent les candidats français engagés pour le sprint final à rester vigilants. Le risque principal les concernant en ce moment est le vol de données telles que les courriels personnels contenant des informations compromettantes.

Si l’on regarde les partis politiques comme étant des petites entreprises avec des ressources variables et qui se veulent en même temps complètement transparents avec leurs partisans, le piratage informatique n’est plus un fait entièrement improbable.

Les cyber-attaques visant la réputation de candidats est une technique d’influence qui ne doit pas être sous-estimée. Dans l’ère où les guerres sont menées plutôt en ligne que dans la vie réelle, cela reste une vraie menace au système démocratique en France et partout dans le monde.

About Author

Jean-Nicolas Piotrowski

Fondateur et Président d’ITrust. Diplômé de l’IUP STRI, ingénieur en télécommunications et réseaux informatiques, il a été successivement Responsable Sécurité de la salle de marché BNP Paribas, consultant sécurité pour la Banque Postale et le Crédit Lyonnais. En 2007, il fonde ITrust et dirige la société.

Un commentaire

  1. En France, plus d’un million d’électeurs sont confrontés à des machines à voter vulnérables. Par exemple, elles sont paramétrées via des ordinateurs connectés à internet et par des logiciels ne donnant lieu à aucun contrôle. Consulter le site de l’Observatoire du vote à ce sujet.

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