Et si la France devenait un géant de l’Intelligence Artificielle ?

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Cédric Villani, chargé il y a de cela 6 mois d’une mission parlementaire au sujet de l’Intelligence Artificielle par le premier ministre Edouard Philippe, dévoilait jeudi 29 mars dernier, les conclusions de ses investigations et ses préconisations au sein d’un rapport de 240 pages.

Contenant plus d’une centaine de propositions, ce rapport a alors dévoilé l’ambitieux plan de la France concernant l’Intelligence Artificielle (IA).

En effet, une réelle volonté gouvernementale de mettre en avant l’IA est aujourd’hui visible, et ce pour différentes raisons : nous l’avons vu il y a peu, cette technologie aujourd’hui le vent en poupe et devient globale, touchant différents domaines d’activités et entrant peu à peu dans le quotidien de milliers de citoyens. Mais ce n’est pas tout : ce « soudain » engouement s’explique aussi par le retard que notre pays a aujourd’hui dans l’étude et l’exploitation de cette technologie, par rapport à des « géants » du domaine comme la Chine ou les Etats-Unis.

Le but premier de ce rapport Villani, si ce n’est de cartographier, identifier et interroger les différents acteurs français et européens implémentant déjà l’IA dans leurs activités, est de faire en sorte pas rater le train de l’Intelligence Artificielle. Vue comme une source majeure de croissance d’importance stratégique, et ce à un point de vue national mais aussi Européen, la maitrise des sujets de l’Intelligence Artificielle s’avère donc être un défi à relever, pour une année 2018 qui se démarque aujourd’hui comme une année décisive pour la France et son entrée dans le monde de ces technologies.

Mais que contient exactement le rapport Villani, quelles propositions y sont évoquées ? Ce rapport représente-il la seule démarche du gouvernement français pour faciliter l’adoption de cette nouvelle technologie ? La France a-t-elle aujourd’hui les moyens de devenir un poids lourd de l’Intelligence Artificielle ?

  • Un rapport à la base de ce nouvel élan :

Le Rapport Villani vient donc se positionner comme une sorte de tremplin à une nouvelle ambition technologique nationale (et européenne nous le verrons), mais aussi comme une vraie feuille de route pour le gouvernement, en dessinant un vrai état des lieux du paysage IA en France et en aiguillant sur les pistes potentielles à exploiter et ce dans divers domaines.

Lancée en octobre 2017, la « Mission Villani » a procédé à près de 300 auditions d’experts, entrepreneurs, institutionnels, chercheurs et acteurs de l’IA, couvrant ainsi l’ensemble des secteurs impactés par cette révolution technologique, pour disposer d’un panorama des plus complets. ITrust a d’ailleurs eu le plaisir et l’honneur de participer à cette étude et d’échanger autour des sujets de la sécurité informatique implémentée d’Intelligence Artificielle, que nous développons à travers notre solution Reveelium.

Il est d’ailleurs à noter que si les domaines de la santé ou de l’environnement sont évoqués dans ce rapport, celui de la sécurité l’est particulièrement, nous y reviendrons.

Cette mission a un objectif simple : propulser notre pays et en faire un champion de ce domaine où elle dispose d’un savoir théorique indéniable et de nombreux « cerveaux », « mais manque encore de groupes leaders » selon Cédric Villani.  

Plusieurs « pistes principales » y sont exposées tour à tour, parmi elles : 

  • Recruter de nouveaux talents, tenter d’attirer et garder les talents existants et créer un réseau de recherche.

Premier objectif principal abordé par le rapport Villani, le recrutement de nouveaux « cerveaux » afin d’enrayer la fuite de talents en France mais aussi en Europe, attirés par la Chine ou les Etats-Unis, vus comme des pionniers dans ce domaine.

En parallèle, cette volonté serait soulignée et soutenue par la création d’un centre de recherche français à l’envergure internationale autour de l’Intelligence Artificielle.

  • Souligner l’importance capitale des données

Le rapport Villani fait également un gros focus sur la question des données puisqu’elles sont indissociables des systèmes implémentés d’IA.  Celui-ci évoque ainsi l’idée de développer un vrai écosystème européen de la donnée.

  • Un petit soupçon d’éthique

Pour les questions d’éthique, là aussi indissociables de l’IA, Cédric Villani recommande la mise en place d’une vraie régulation et transparence avec la création d’une instance indépendante, pouvant être saisie par le gouvernement comme par les citoyens.

Ces questions d’éthique sont une vraie carte à jouer pour la France, afin de se démarquer des pays qu’elle souhaite égaler.

  • Monde du travail à la sauce IA : inquiétudes et solutions

L’impact de cette nouvelle technologie sur le monde du travail fait également l’objet d’un grand focus, dans lequel Cédric Villani suggère par exemple de créer de nouvelles structures chargées d’anticiper et d’expérimenter les effets de l’IA et de l’automatisation sur l’emploi. Ce chapitre et ces propositions sont aussi présentes pour répondre aux inquiétudes que le développement d’une technologie comme celle-ci pourront engendrer.

  • Investissement massif

Enfin, il faut savoir que les mesures présentées dans ce rapport ont été suivies et accompagnées par l’annonce d’un investissement financier d’1,5 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat, pour le développement de l’Intelligence Artificielle.

Sur cette somme, près de 400 millions d’euros seront dévolus à des appels à projets et de défis d’innovation de rupture.

  • Intelligence Artificielle et cybersécurité

Comme évoqué précédemment, la mission Villani identifie dans son rapport quatre domaines principaux où la France doit concentrer ses efforts : santé, transports, environnement, défense (sécurité).

Nous avons eu la fierté de participer à ce rapport, grâce à l’implémentation d’Intelligence Artificielle dans la solution d’analyse comportementale que nous avons mise au point : Reveelium.

Reveelium analyse en temps réel les milliards de données du système d’information et les journaux d’événements. Il identifie les anomalies dans le comportement du système et détermine quels sont ceux qui sont susceptibles de constituer une menace de sécurité.

En résumé Reveelium :

  • Exploite les infrastructures de sécurité existantes
  • Détecte les menaces inconnues
  • Donne un rapport des analyses de sécurité et permet le suivi des alertes qualifiées

Les algorithmes mathématiques de Reveelium combinent des analyses statistiques poussées. L’apprentissage machine et les règles de corrélation vont permettre de mettre à jour continuellement le profil d’un comportement normal pour les entités, y compris pour les utilisateurs, les périphériques et les applications.

C’est donc avec un grand enthousiasme que nous avons pris connaissance de ce nouvel élan pour l’Intelligence Artificielle, que nous essayons d’insuffler chaque jour au sein de nos offres et services mais aussi à travers notre engagement auprès du Think Tank NXU.

C’est un fait, 2018 sera une année décisive pour l’IA à la française : notre pays a beaucoup à faire pour rattraper son retard, mais elle se donne aujourd’hui les moyens de conquérir le monde de l’Intelligence Artificielle, de par ses investissements mais aussi de par la multitude d’acteurs et entreprises (et ce dans divers domaines), déjà experts en ce sujet qui la composent et peuvent soutenir cette transition. Reste à savoir si ces investissements suffiront-ils pour faire de la France un champion de l’Intelligence Artificielle, et pour rattraper son retard en la matière.

Une chose est sure, pour le gouvernement français, pas question de voir l’Europe rater le virage de l’intelligence artificielle. La mission et le rapport Villani, auront, il faut l’espérer, l’effet d’un véritable tremplin pour une action d’envergure réussie, non seulement française mais aussi européenne.

 

 

About Author

Jean-Nicolas Piotrowski

Fondateur et Président d’ITrust. Diplômé de l’IUP STRI, ingénieur en télécommunications et réseaux informatiques, il a été successivement Responsable Sécurité de la salle de marché BNP Paribas, consultant sécurité pour la Banque Postale et le Crédit Lyonnais. En 2007, il fonde ITrust et dirige la société.

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