L’empreinte digitale est-elle réellement un gage de sécurité ?

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Les empreintes digitales appliquées à la biométrie ont longtemps été considérées comme l’identification la plus perfectionnée. Propre à chacun et impossible à voler, cette technologie est présente sur les systèmes de sécurité des smartphones et appareils mobiles.

Cette technique d’authentification remporte également un franc succès dans le secteur de la santé, car elle est jugée fiable. Le marché des solutions biométriques devrait d’ailleurs atteindre près de 5 milliards de dollars d’ici 2020 sur ce marché. Fiable, efficace et personnelle, la biométrie semble plus sûre que les mots de passe. Mais qu’en est-il vraiment ? ESET revient sur les 3 mythes de l’empreinte digitale.

Mythe 1 : les empreintes digitales sont plus fiables que les mots de passe

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les lecteurs biométriques ne sont pas infaillibles. Selon une étude de l’Université de New York (avril 2017), des similitudes dans les empreintes partielles peuvent être suffisantes pour tromper les systèmes de sécurité biométriques des smartphones.

La vulnérabilité réside dans le fait que les systèmes d’authentification basés sur l’empreinte digitale comportent de petits capteurs qui ne capturent pas l’empreinte complète de l’utilisateur. Au lieu de cela, ils numérisent et stockent des empreintes partielles. De nombreux smartphones permettent aux utilisateurs d’inscrire plusieurs doigts dans leur système d’authentification. L’identité est confirmée lorsque l’empreinte digitale d’un utilisateur correspond à l’une des impressions enregistrées.

Mythe 2 : il est impossible de copier une empreinte digitale

Apple est le premier à faire un pas de géant dans la biométrie. En 2013, il ajoute en effet un scanner d’empreintes digitales à son iPhone 5s. Assurant fournir une protection fiable, la méthode TouchID permet d’acheter sur iTunes et l’App Store en s’affranchissant efficacement des mots de passe.

Cependant, deux jours après son lancement, un chercheur allemand nommé Starburg contredit la fiabilité du produit avec un logiciel public (VeriFinger). Grâce à des photos prises en haute résolution, les empreintes digitales du ministre allemand de la Défense sont recréées. La copie suffit à tromper l’authentification biométrique.

En 2016, la firme biométrique Vkansee démontre que la technologie peut être falsifiée. De l’argile et quelques Play-Doh suffisent à capturer suffisamment de détails sur l’empreinte digitale pour duper le capteur. Cependant, l’entreprise reconnaît que cette technique est alambiquée et qu’il est peu probable qu’elle aboutisse. Néanmoins, cela prouve que les empreintes digitales peuvent être copiées.

Avril 2017, MasterCard présente une carte bancaire biométrique permettant de payer en boutique en posant son doigt sur un capteur embarqué. La société assure que ce système est inviolable et que l’empreinte digitale ne peut être dupliquée. Pour autant, les exemples précédents prouvent le contraire. Une autre technique de violation consiste à voler une photographie. En effet, de nos jours la qualité de photos permet, même avec un smartphone, de reproduire des empreintes digitales.

Mythe 3 : les empreintes digitales remplaceront les mots de passe à l’avenir

Étant donné que les empreintes digitales peuvent être volées, copiées et utilisées pour contourner les lecteurs d’aujourd’hui, il est évident que les mots de passe peuvent encore offrir leurs services. Il n’y a pas de solution permettant une sécurité fiable à 100%. De nombreux experts conseillent d’appliquer plusieurs mesures afin de limiter les points d’entrée.

En pratique, il s’agit de combiner les empreintes digitales, les mots de passe et d’appliquer une sécurité supplémentaire sous la forme d’une authentification deux facteurs. Cette dernière mesure est à mettre en place lorsque l’information est particulièrement sensible.

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Benoît Grunemwald

Directeur des Opérations - ESET France

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