Si l’Internet Russe aboutit, les mesures de sécurité devront être renforcées

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La Russie a lancé mardi le processus visant à se doter d’un « Internet souverain », capable de fonctionner de manière indépendante afin de tester l’efficacité de son propre réseau en cas de coupure du pays des grands serveurs mondiaux.

La proposition a été approuvée ce mardi en première lecture par la chambre basse du parlement russe. Avec cette mesure, dont l’échéance prévue par la loi est prévue avant avril, la Russie envisage d’établir un contrôle du trafic web pour passer principalement par des points d’échange et des routeurs locaux.

La Russie travaille sur son projet d’Internet indépendant depuis au moins les cinq dernières années. Nous avons vu comment ils ont construit et testé leur propre système de noms de domaine (DNS), ainsi que l’adoption de lois pour forcer les fournisseurs d’accès Internet à continuer à fonctionner au cas où d’autres pays tenteraient d’isoler le réseau russe : Runet.

Les plans de la Russie pour une infrastructure autonome ne sont pas un cas isolé, mais s’inscrivent dans la tendance mondiale à la “balkanisation” d’Internet. Parmi les exemples les plus connus, on peut citer la censure du réseau en Chine, mais le blocage du contenu Web se produit depuis des décennies dans les pays aux politiques restrictives.

Tant que les protocoles sous-jacents permettent à Internet de fonctionner ouvertement, rien n’empêche les gouvernements de construire ces murs technologiques tant qu’ils peuvent en assumer les conséquences économiques. Restreindre ou bloquer l’accès au Web pourrait être un obstacle, par exemple pour les entrepreneurs de cette région, car ils ne seraient pas au courant des tendances et des pratiques en matière d’innovation dans d’autres parties du monde.

TELECOMITALIA-INVESTORS/LETTA

Historiquement, la Russie a été accusée de mener des cyberattaques parrainées par l’État (state-sponsored) dans le monde entier. Si le gouvernement russe réussit à déconnecter le pays du réseau mondial, cela créera une barrière importante pour agir contre ces menaces. Cependant, ces attaques restent controversées, notamment d’un point de vue juridique, car dans la pratique, elles pourraient avoir des conséquences au-delà de l’environnement numérique. L’un des éléments clés est l’attribution concrète d’une attaque à un État ; et c’est tout un défi, étant donné que les cybercriminels luttent pour cacher délibérément leur identité numérique, réorienter le trafic et insérer de faux codes dans d’autres langues ou d’autres fuseaux horaires, tout en cachant leur IP, entre autres tactiques .

Cette « déconnexion » de la Russie, renforce la nécessité pour les gouvernements de traiter les cyberattaques d’un pays vers un autre en priorité à travers une perspective plus large de la sécurité, à la fois physique et numérique, en s’appuyant sur des budgets qui permettent de renforcer tous les pays et d’affronter les menaces actuelles. Face à cette situation exceptionnelle, les gouvernements, tels que les États-Unis, doivent garantir leurs systèmes de sécurité afin d’être prêts à faire face à d’éventuelles représailles d’une cyberguerre. Cela nécessitera des plans immédiats sur les technologies de sécurité critiques, afin de combattre les menaces les plus avancées des cybercriminels de l’État-nation.

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Ryan Kalember

Senior Vice-Président Cybersecurité Stratégie, spécialiste Proofpoint

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